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Kasserine: un témoignage contredit la version du ministère de l’Intérieur sur le décès de Ons et Ahlem

Un nouveau drame a récemment secoué la ville de Kasserine. Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 aout dernier, quatre jeunes à bord d’un véhicule ont été la cible de coups de feu, dont certains mortels pour deux des passagères. Ahlem Dalhoumi, 18 ans et Ons 24 ans, deux Tuniso-Allemandes ont trouvé la mort dans des circonstances tragiques mais surtout emplies de zones d’ombres quant à la réalité des faits.

Revenant d’une soirée qui se déroulait au Dream Parc de Kasserine, les jeunes filles devaient rentrer en Allemagne le lendemain. La soirée achevée, les quatre jeunes reprennent la route pour rentrer chez eux. A bord du véhicule, Sondos Dalhoumi, la conductrice, accompagnée de sa sœur Ahlem âgée de 18 ans, de sa cousine Ons, 24 ans et de leur cousin Achraf.

Ils empruntent la route de l’Aarich – Kasserine une voie en mauvais état, le marquage au sol n’étant pas signalisé. Arrivés au rond-point de la cité el Khadhra, Sondes, au volant d’une Volkswagen Golf 4 immatriculée en Allemagne, aperçoit des individus sur la route.

Dans un témoignage rapporté auprès de l’Observatoire Tunisien des Droits et des Libertés, la jeune fille livre une version des faits troublante, qui diverge du communiqué du Ministère de l’Intérieur.

«Comme il n’y avait pas de barrage policier, ni de voiture de police, ni aucun signe indiquant qu’il s’agissait d’agents de sécurité, nous avions pris peur. Et si c’étaient des terroristes ou des braqueurs? Nous avons donc continué la route. On nous a tirés dessus et nous nous sommes immédiatement arrêtés. Ma soeur Ahlem, qui était à mes côtés, a reçu une balle dans la tête et un morceau de son crâne est tombé près de moi. J’ai entendu aussi Ons qui, derrière moi, criait: ”Sondos, j’ai été touchée”. Une voiture s’est aussitôt approchée de nous. Des agents de police sont descendus. Je savais que ma soeur était décédée. Je les ai supplié de nous transporter d’urgence à l’hôpital, mais ils ont eu peur, et se sont détournés, nous laissant à notre sort, et s’en sont allés. Mon cousin Achraf a alors pris le volant pour nous conduire jusqu’à l’hôpital de Kasserine, mais avant d’y arriver, des policiers nous ont arrêtés, en pointant leurs armes vers nous. Nous les avons suppliés, en pleurant, de nous laisser poursuivre notre chemin jusqu’à l’hôpital.»

 

Sondos indique également avoir reçu des coups de la part des policiers lors du second contrôle.

A l’annonce du drame, rapidement, une foule se presse aux abords de l’hôpital de Kasserine, devenu le lieu de rassemblement récurrent depuis la série d’attaques contre des militaires qui secoue la ville depuis la révolution. Des membres de la famille Dalhoumi, des voisins, des habitants choqués, ont manifesté leur colère. Le service des Urgences a été pris pour cible, le poste de police situé à l’entrée de l’hôpital a été incendié. Des pneus ont été brûlés au niveau des ronds-points le long des routes de Feriana-Gafsa et Thala- Le Kef.

Les policiers postés sur les points de contrôle routier se sont repliés au sein des différents centres de sécurité, par crainte sans doute de représailles de la part des habitants.

Selon le Ministère de l’Intérieur, un témoignage anonyme a indiqué aux forces de sécurité qu’un véhicule avec à son bord des individus suspects se déplaçait à toute allure sur cette même route de l’Aarich. Un poste de contrôle a alors été placé au niveau du rond-point à l’entrée de la Cité El Khadhra. Voyant un véhicule arrivé, les policiers auraient alors sommé les passagers de s’arrêter et auraient tiré des coups de feu, blessant mortellement deux jeunes passagères. La version policière soutient que la voiture ne se serait pas arrêtée après les injonctions des policiers.

Dans une enquête ouverte par le Ministère public, ce dernier a indiqué que le conducteur n’avait pas de permis de conduire, élément que nie Ons qui précise qu’elle possède le permis de conduire depuis plusieurs années, toujours selon le témoignage qu’elle a livré auprès de l’Observatoire tunisien des Droits et des Libertés.

Salah Dalhoumi, le père de Ons, sous le choc, exprime son incompréhension :

« Je n’ai pas compris pourquoi ils ont directement tiré sur ma fille et l’ont tué ? Normalement ils doivent viser les roues afin de stopper la voiture, comme chacun sait ! Nos filles ne sont pas des terroristes, elles étaient sorties pour boire un café près de la piscine de Kasserine. Je réclame justice pour ma fille. Je veux que celui qui a tué Ahlem et Ons soit jugé ! »

Mongi Dalhoumi, le père d’Ahlem, a fait le voyage depuis l’Allemagne :

« Je réclame aussi justice pour Ahlem et Ons. Celui qui les a tuées n’était pas dans le respect de la loi ! Et puisque ma fille Ahlem a la nationalité allemande, avant de venir en Tunisie, je suis allé à un poste de police à Bonn et j’ai déclaré que des policiers tunisiens avaient tué ma fille ! J’ai reçu un appel de l’ambassade d’Allemagne dimanche 24 aout. On m’a informé qu’un groupe d’enquêteurs a fait le déplacement lundi pour essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé. Ils doivent arriver à Kasserine mardi 26 août ou je pourrais les rencontrer. J’ai appris que ce samedi, une manifestation des proches et des camarades de ma fille va être organisée devant le Consulat général de Tunisie à Bonn, en Allemagne, afin de réclamer la vérité et la justice sur cette affaire ».

Ons, âgé de 18 ans venait de décrocher son bac. Ahlem quant à elle, était étudiante en droit en Allemagne, elle avait pour projet de finir ses études aux Etats-Unis. Lors de l’enterrement au cimetière de Awled Aziza, la famille a refusé la présence des médias, venus en nombre, où seul les proches et les habitants de la cité populaire d’Ennour étaient acceptés.

Après les révélations faites par Sondos, contredisant ainsi la version officielle du Ministère de l’Intérieur, la question sur la réalité des faits reste entière.

Hatem Salhi

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